Sécurité
Si vous demandez aux gens quelle eau est la plus sûre entre l'eau en bouteille
et l'eau du robinet, plusieurs vous répondrons l'eau en bouteille.
Parce que le marketing a été efficace, et parce qu'on s'imagine qu'en général
l'eau en bouteille provient directement d'une source pure située dans un environnement
encore vierge, on pense que cela confère une plus grande sécurité quant à la qualité de l'eau,
et que les risques de contamination sont plus faibles que pour l'eau du robinet.
Voyons ce qu'il en est.
Réglementation et Inspection - Au Canada
Contrairement a ce qu'on pourrait penser, la réglementation n'est pas la même entre l'eau
en bouteille, qui est considérée comme un aliment, et l'eau du robinet (municipale),
qui est considérée comme un service public. Dans la plupart des documents de
référence, on affirme que la réglementation pour l'eau du robinet est bien
plus exigeante que celle pour l'eau en bouteille.
Au Canada, l'eau en bouteille est assujettie à la Loi sur les Aliments et Drogues,
et les inspections sont l'affaire de l'Agence canadienne d'inspection des aliments,
qui doit surveiller autant les produits locaux que ceux qui sont importés.
(Au Québec, c'est le ministère de l'Agriculture qui s'en occupe).
Aucun permis n'est requis pour embouteiller ou vendre de l'eau en bouteille.
L'eau du robinet, quant à elle, est régie par les provinces dont les législations
se basent sur les lignes directrices émises par Santé Canada.
Dans les deux cas les réglementations visent à ce que l'eau soit de qualité.
Cependant, l'industrie de l'eau en bouteille est largement auto-régulée, les autorités
s'attendent à ce que les embouteilleurs fassent les tests appropriés et prennent
des mesures si des contaminations sont trouvées. Le nombre d'inspecteurs
de l'agence des inspections des aliments ne permet pas des tests réguliers,
seules des analyses aléatoires sont effectuées (environ 150 échantillons par année en 2002),
et les visites surprises d'usine peuvent être très espacées (aux 2 ans).
Évidemment, l'industrie à tout intérêt à s'assurer de la qualité de son produit,
mais on a pu voir, à la lumière de l'épisode de la listériose au Canada en 2008,
que les auto-inspections peuvent avoir des faiblesses, et on réclame plus de pouvoirs
pour les inspecteurs de l'Agence.
L'eau municipale, quant à elle, est suivie de façon beaucoup plus serrée. Surtout
dans les grandes villes, les usines de distribution d'eau effectuent des tests
en continu, les tests pour certains contaminants devant être faits des centaines de fois
par jour. Tout problème doit être immédiatement rapporté et des avis sont émis
le cas échéant. Ces avis peuvent inquiéter, mais ils sont la preuve que le système
est sur ses gardes, et il a été renforcé depuis l'épisode de Walkerton en Ontario.
Pour en savoir plus:
Réglementation et Inspection - Aux États-Unis
Dans les pays développés, la réglementation est similaire. Aux États-Unis, on
retrouve la même situation qu'au Canada.
Les normes de qualité américaines de l'eau du robinet, définies par l'Agence pour la
Protection de l'Environnement (EPA) sont plus contraignantes que
celles de la Food and Drug Administration qui régit l'eau en bouteille, qui
est là aussi considérée comme un aliment. (La FDA pense réviser la réglementation
pour resserrer le contrôle au niveau des coliformes dans les eaux en bouteille.)
Différences entre les normes de l'EPA (eau du robinet) et celles du FDA (eau en bouteille):
|
Eau en Bouteille |
Eau du Robinet |
| Désinfection Exigée? |
non |
oui |
| E.Coli et coliformes complètement interdits? |
non |
oui |
| Fréquence des tests pour les bactéries |
1 fois/sem |
centaines/mois |
| Filtrage pour les pathogènes ou source protégée? |
non |
oui |
| Tests pour les virus? (incluant Cryptospiridium, Giardia) |
non |
oui |
| Fréquence des tests pour les substances chimiques? |
1 fois/an |
1/quarter |
| L'opérateur doit-il être formé et certifié? |
non |
oui |
| Tests requis pour être aux normes concernant l'amiante et les phthalates? |
non |
oui |
| Les tests doivent être conduits par des labs certifiés? |
non |
oui |
| L'État et le fédéral doivent être avertis des violations? |
non |
oui |
| Le consommateur a-t-il un droit d'être mis au courant des contaminations? |
non |
oui |
Pour en savoir plus:
Risques de contamination
Nous avons vu ci-dessus la différence entre les réglementations, mais en pratique, trouve-t-on des contaminants
dans l'eau en bouteille, et si oui, sont-ils différents de ceux trouvés dans l'eau du robinet?
En général, l'eau en bouteille respecte les normes. Il peut paraître surprenant que ces
normes soient moins strictes pour l'eau en bouteille, par exemple au niveau des coliformes totaux.
Surtout qu'il n'existe pas vraiment de lieu véritablement vierge.
Même l'eau de source peut être affectée par la pollution ambiante, qui percole jusque
dans les sources, les puits et les nappes phréatiques.
Bactéries vs réutilisation des bouteilles
En pratique, le risque bactériologique provient principalement des manipulations de la
bouteille à partir du moment où elle est débouchée, soit au niveau du goulot,
ou pour les grosses bouteilles, au niveau de la machine distributrice....
L'eau des bouteilles manipulées par des enfants, par exemple, peut contenir beaucoup
plus de colonies bactériennes que l'eau du robinet.
Les bouteilles à usage unique ne sont pas conçues pour être réutilisées, elles ont
souvent des formes difficiles à nettoyer et leur plastique est mince, il se craque plus
rapidement, ce qui permet aux contaminants de s'accumuler.
Ceux qui pensent aider l'environnement en remplissant leur bouteille plusieurs fois
feraient probablement mieux de s'équiper d'une bouteille prévue à cet effet, qui se nettoie mieux.
Contaminants provenant du traitement industriel de l'eau
Les consommateurs d'eau en bouteille craignent souvent l'eau du robinet car ils ont entendu
parler des possibles contaminants qui pourraient provenir de la chloration de l'eau,
de l'état des tuyaux ou des contaminants pharmaceutiques qui pourraient échapper à la filtration municipale.
Ces problèmes peuvent être réels et les études à ce sujet sont nombreuses.
Cependant, même si on imagine souvent l'eau en bouteille comme provenant directement d'une source
sans reproches, dans la réalité cette eau passe aussi par une fabrication et une transformation
industrielle, qui comporte des risques de pollution du produit. Plusieurs cas de rappels
sont documentés faisant état de contaminations au bromate, à l'arsenic et à l'antimoine, qui proviennent
soit du procédé de fabrication ou d'un mauvais entretien des filtres ou des équipements.
Par exemple, Coca-Cola a dû interrompre le lancement de sa marque Dasani en Grande-Bretagne
car les bouteilles contenaient des niveaux de bromate
- une substance potentiellement cancérigène -
supérieurs aux normes locales. Ce bromate s'était formé lors de l'ajout de calcium
dans l'eau pendant le processus de fabrication.
Le traitement de l'eau municipale avec le chlore peut également produire des contaminants,
mais l'ozonation, utilisée au lieu du chlore par les embouteilleurs pour désinfecter l'eau,
peut également aboutir à la création de contaminants si elle n'est pas bien appliquée.
Bref, à chaque type d'eau ses problèmes, il est hasardeux de penser que l'eau en
bouteille est fondamentalement plus sûre que l'eau municipale.
Contaminants provenant des bouteilles en plastique
Les bouteilles de plastique (PET) suscitent également des inquiétudes. Diverses études
semblent démontrer que de faibles quantités de contaminants migrent du plastique vers
l'eau en bouteille. Par exemple, en 2006, une
recherche
a démontré que l'eau contenue
dans des bouteilles en plastique PET du Canada et d'Europe contenait des niveaux d'antimoine
supérieurs à l'eau naturelle non-embouteillée.
L'antimoine peut mener à des intoxications
similaires à l'arsenic. On entend aussi parler des phtalates et des bisphénols-A (des
disrupteurs endocrinaux) qui pourraient également passer du plastique vers l'eau.
La concentration des contaminants qui migrent dans l'eau semble augmenter avec la durée de stockage, ainsi
qu'avec la chaleur. On entend de plus en plus des avertissements prévenant les consommateurs
de ne pas laisser leurs bouteilles à la chaleur dans une voiture, ni se servir des bouteilles
pour réchauffer des liquides. Les fabricants, quant à eux, sont nombreux à mettre une
durée de vie sur leur bouteille, et plusieurs indiquent sur leur contenant qu'il ne doit
pas être réutilisé.
On peut voir quelques exemples de contaminations et de rappels d'eau en bouteille
dans la boîte en haut à droite de cette page.
Pour en savoir plus:
Conclusion
À la lumière des informations disponibles, on ne peut pas affirmer que l'eau en bouteille
apparait plus sûre que l'eau municipale (tout dépend bien sûr d'où vous vivez).
On pourrait dire que c'est match nul sur ce point.
Pureté
Un des premiers arguments de vente de l'eau en bouteille, c'est sa pureté.
Le problème, c'est que le terme 'pureté' n'a pas de définition officielle.
Il est même interdit de l'utiliser au Canada dans le nom du produit
(ex: Eau Purifiée n'est pas permis).
Cela n'empêche pas de voir apparaître le terme 'pur' presque systématiquement
dans les slogans inscrits sur les bouteilles et les publicités.
(Dasani: Pur rafraîchissement, Aquafina: Le goût de la pureté).
En fait, dans l'eau à l'état naturel on retrouve une multitude de
minéraux dissous (calcium, magnésium, sodium, ...). Leur quantité
varie grandement en fonction des sols et des environnements par où l'eau
est passée. Lorsque la concentration dépasse un certain seuil,
on parle d'eau minérale. La mode de l'eau en bouteille a
d'ailleurs démarré avec ces eaux minérales que l'on importait d'Europe.
Ce sont les minéraux qui donnent le goût à l'eau, qui autrement ne
goûterait rien. Ces minéraux sont essentiels au bon fonctionnement
du métabolisme.
Eaux pauvres en minéraux
L'argument de la pureté de l'eau est apparu dans les années 90
surtout avec les eaux de synthèse comme Dasani et Aquafina. Dans ces
eaux, qui proviennent de réseaux municipaux, on retrouve très peu de
minéraux car ils sont éliminés lors des multiples étapes de filtration.
L'eau, ainsi débarrassée de tous ses composants, ne goûte plus rien.
(Cela n'empêche pas de nouveaux contaminants d'être introduits par
le procédé industriel lui-même, voir plus haut).
D'autres eaux exotiques, qui ne proviennent pas de sources,
ont aussi un contenu minéral très faible.
C'est le cas par exemple de l'eau tirée des glaciers (10 Thousand BC)
ou de l'eau des icebergs (Berg), ou de certaines eaux artésiennes (Voss, Equa),
et même de l'eau de pluie (Tasmanian Rain). La plupart de ces marques
font grand cas de la pureté de leur produit, qui provient de régions
supposément vierges. (Évidemment, le hic c'est qu'une fois implantée
l'usine d'embouteillage, le lieu n'est plus vierge!)
Eaux riches en minéraux
Les eaux minérales sont celles dont la concentration de minéraux est forte
(>500 mg/litre au Canada, >250 mg/l aux USA). On consomme ces eaux depuis
des centaines d'années à des fins médicinales ou thérapeutiques. En en
boit encore de nos jours pour la santé, pour la digestion, pour maigrir,
ou pour reprendre des minéraux après une activité physique intense.
Les eaux minérales sont-elles pures?
En fait la réglementation sur l'eau potable ne s'applique pas à l'eau minérale,
parce qu'effectivement certaines normes seraient dépassées. (ex: norme de 200ppm
de sodium pour l'eau potable vs 1172ppm pour Vichy Célestins).
Autre exemple, le calcium (que l'on nomme calcaire) est considéré par les
consommateurs comme nocif quand il provient du robinet, mais bon pour
la santé quand il provient d'une eau minérale. Pourtant, c'est la
même chose!
Un argument à prendre avec... une pincée de sels minéraux
On le voit, l'argument de la pureté est tout à fait relatif.
Ce n'est pas la panacée tant vantée, mais plutôt une façon de s'attirer
des ventes en minant un peu plus la confiance du consommateur envers
l'eau du robinet, dont la composition est en fait...
équilibrée (voir tableau ci-dessous).
Si vous consommez trop souvent de l'eau 'fortement purifiée',
il vous faudra aller trouver d'autres sources pour obtenir les minéraux
essentiels à votre santé.
| Exemples d'eau en bouteille |
Minéraux Dissous Totaux (en ppm ou mg/litre) |
Catégorie |
|
0 ppm |
Eau Stérile (ex: pour lentilles cornéennes) |
| Berg, 10 thousand BC |
4-10 ppm |
Eau de Glacier |
| Aquafina |
< 10 ppm |
Eau Traitée Déminéralisée (eau municipale traitée) |
| Tasmanian Rain |
17 ppm |
Eau de Pluie |
| Dasani |
25-35 ppm |
Eau Traitée Minéralisée (eau de synthèse) |
| Nestlé Pure Life (USA) |
66-92 ppm |
Purified Water (eau municipale traitée) |
| Eska |
85 ppm |
Eau de Source |
Montréal (Atwater/Charles-J-Des-Baillets) |
172 ppm |
Eau Municipale |
| Naya |
267 ppm |
Eau de Source |
| Evian |
309 ppm |
Eau de Source |
| Perrier |
460 ppm |
Eau de Source |
| Nestlé Pure Life (CAN) |
520 ppm |
Eau de Source |
| San Pellegrino |
930 ppm |
Eau Minérale |
| Vichy Célestins |
3350 ppm |
Eau Fortement Minéralisée |
Tableau: Comparaison entre diverses marques d'eau et leur contenu en minéraux dissous.
Laquelle est la plus pure?
Pour en savoir plus:
Goût
Plusieurs consommateurs d'eau en bouteille indiquent qu'ils en boivent parce qu'ils n'aiment
pas le goût de l'eau du robinet, notamment à cause du goût du chlore, utilisé pour désinfecter
l'eau.
La concentration des minéraux, qui donnent à l'eau son goût, est différente d'un endroit
à l'autre. Ces concentrations dépendent de la géologie du sol. Une forte concentration
en calcium, en magnésium, en fer, en soufre va modifier grandement le goût d'une eau.
Une solution simple pour éliminer le goût du chlore
est de conserver de l'eau du robinet au frigo dans une bouteille ouverte: le chlore
s'évapore en quelques heures. On peut également utiliser un pichet filtreur (genre Brita).
Tests à l'aveugle
Le goût de l'eau est par ailleurs une affaire de perception. La présentation
et même le nom du produit semblent affecter l'appréciation que l'on a
de l'eau.
Lors de multiples tests à l'aveugle, le public a été appelé à donner son appréciation
de différents types d'eau. En cachant les contenants, la plupart des gens n'arrivent plus
à identifier l'eau du robinet des autres eaux. Assez systématiquement dans ces tests,
l'eau du robinet est choisie parmi les plus appréciées, et les eaux peu
ou alors fortement minéralisées obtiennent de moins bonnes notes. Mêmes des
eaux de luxe vendues à fort prix ne font pas nécessairement de bons scores.
Pour en savoir plus:
Santé, Hydratation, Substitut
De nos jours, l'eau est associée à une bonne santé, à l'activité physique, on boit de l'eau
pour se désaltérer mais aussi pour pleins d'autres raisons...
Hydratation
Ces dernières années, on nous a expliqué à quel point il est important de bien s'hydrater,
de boire une bonne quantité d'eau tous les jours.
Plusieurs ont adopté ce message comme un mantra,
on traîne sa bouteille en auto, en promenade en forêt, au bureau....
L'industrie de l'eau embouteillée (qui veut notre bien), reprend cet argument abondamment
dans ses publicités et ses sites internet puisqu'il touche une corde sensible,
notamment chez les baby-boomers: projeter une image jeune et en santé.
Il faut évidemment éviter d'être déshydraté, mais des études commencent
à apparaître remettant en question l'utilité de la consommation
de grandes quantités d'eau. Et lors d'exercices physiques prolongés, il
faut éviter de boire de l'eau 'purifiée' avec des niveaux très faibles de sodium
(comme par exemple Dasani ou Aquafina). Chose certaine, la plupart du temps
nul besoin de l'eau en bouteille jetable pour s'hydrater, si on boit de l'eau
du robinet ou si l'on apporte une bouteille réutilisable avec soi avec le liquide
de son choix.
Pour en savoir plus:
Substitut aux boissons gazeuses
Lorsqu'on regarde les statistiques du marché des breuvages,
on voit bien que la consommation des eaux gazeuses a commencé à plafonner vers 1998,
et même à décroître légèrement depuis peu. On peut croire que c'est le résultat
d'une prise de conscience concernant l'épidémie d'obésité aux USA et ailleurs, et
que les consommateurs se tournent de plus en plus vers les breuvages moins sucrés.
Mais il est difficile de départager la cause de l'effet, puisque c'est à compter
de 1997 que PepsiCo et Coca-cola ont eux-mêmes commencé à envahir le marché avec
leur eaux traitées en bouteille. Mais en même temps que l'offre d'eau en bouteille augmente,
les prix et les profits chutent. Alors PepsiCo et Coca-Cola se lancent maintenant dans
les eaux aromatisées et vitaminées, qui dans certains cas contiennent aussi beaucoup de calories,
et des composants aux effets peu étudiés (ex: sucralose). Alors, ces compagnies
veulent-elles la santé du consommateur, ou tentent-elles de créer du profit peu
importe là où il se trouve dans le marché?
Les embouteilleurs d'eau de source comme Nestlé qui ne produisent pas de boissons gazeuses
tirent évidemment profit de la baisse des ventes des eaux gazeuses. À chaque fois
qu'une municipalité tente de promouvoir l'eau du robinet au détriment de l'eau
en bouteille, ils insistent sur le fait que le choix de l'eau en bouteille ne se fait
pas contre l'eau municipale, mais contre les boissons sucrées. Ils accusent les
organismes qui veulent bannir l'eau en bouteille de mener le consommateur tout
droit vers les eaux gazeuses. C'est plutôt tordu, mais de cette façon ils
tentent de projeter une bonne image, et évidemment, ne veulent surtout
pas que les profits leur échappent.
Pour en savoir plus:
Eaux minérales
Les distributeurs d'eaux minérales, de leur côté, ont toujours misé sur l'aspect
santé de leur produit. En effet jusqu'au milieu du 20ème siècle, on consommait
les eaux minérales uniquement pour des fins thérapeutiques et digestives.
Depuis, on a modernisé le discours.
Selon la composition en minéraux du produit, on vante telle eau comme
digestive, diurétique, favorisant la taille fine, favorisant les os, etc...
Cependant, ces eaux ne peuvent pas être consommées de façon trop régulière:
A ce sujet, le Sénat français recommande de changer souvent de type d'eau minérale
pour éviter d'absorber de trop grandes quantités des mêmes minéraux.
Pour en savoir plus:
Eaux fonctionnelles
Comme le facteur santé a été un argument utile pour augmenter le marché de l'eau
en bouteille, l'industrie tente de continuer dans le même filon.
Voyant que les consommateurs sont de
plus en plus friands d'aliments avec des propriétés santé (anti-oxydants, oméga-3, fibres, etc...),
elle a décidé de s'y mettre aussi. Le segment des eaux fonctionnelles progresse
rapidement, et semble promis à un bel avenir. Plusieurs acteurs se joignent
d'ailleurs au mouvement, attirés
par les profits ... en santé de ce marché. On voit même des produits qui affirment
avoir des propriétés surprenantes (eau oxygénée, eau structurée, etc...)
(voir section nouveaux produits)
Mais du point de vue de la santé des consommateurs, c'est moins évident. Les fibres
solubles dans l'eau n'offrent pas le même avantage que les fibres que l'on trouve
dans les fruits. Qu'en est-il de la posologie. Si une personne a une carence
en vitamines, n'est-ce pas mieux de prendre un supplément approprié plutôt
que d'aller chercher ce qui manque en buvant de l'eau? Quel est l'impact de donner
de l'eau vitaminée à des enfants? Qu'elle est la réelle valeur
ajoutée de ces produits? Les questions sont nombreuses, et les études
qui commencent à sortir mettent en doute les avantages de ces produits.
En conclusion, si la santé vous préoccupe, ce n'est peut-être pas dans la bouteille
en plastique qu'il faut la chercher, mais plutôt dans l'exercice et la
saine alimentation. Le consommateur qui cherche la solution facile
en traînant sa petite bouteille s'assure surtout d'une chose: de la santé
financière d'une poignée de géants de l'industrie de l'eau en bouteille.
Pour en savoir plus:
Fraîcheur
"Enjoy the Pure Fresh Taste", nous dit la publicité Dasani. Plusieurs marques
nous vantent la fraîcheur de leur produit. Ou est-ce simplement qu'on nous dit que leur
eau rafraîchit plus que l'eau du robinet?
Difficile en fait encore ici de savoir de quoi l'on parle, sinon d'une perception.
Meilleur avant...
On reste habituellement étonné de voir qu'il y a souvent une note sur les bouteilles
d'eau du genre 'consommer avant telle date'. Comme tous les aliments,
l'eau peut se dégrader. Même si l'eau en bouteille ne contient (normalement) pas d'éléments
pathogènes, elle contient habituellement certaines bactéries. Avec le temps, celles-ci
vont se multiplier. De la même façon, certaines études ont démontré qu'après
un certain temps, la concentration de certains contaminants chimiques provenant
du plastique augmentera.
Temps entre production et consommation
Une autre définition du terme fraîcheur fait référence au temps qui s'est écoulé entre
la production d'un aliment et sa consommation. Dans le cas de l'eau en
bouteille, dans les meilleurs cas, l'eau, après embouteillage, aura séjourné quelques jours ou semaines
en entrepôt ou sur les tablettes avant que vous la buviez. On imagine que l'eau provenant
de l'Europe ou de Fiji par exemple passe encore plus de temps dans son contenant.
Et si vous laissez ensuite votre bouteille à la chaleur dans votre voiture, on peut difficilement
parler d'un produit frais. (C'est peut-être pour cela que certains constructeurs
automobiles ont commencé à offrir comme gadget un petit frigo dans le coffre
à gant - aussi inutile que coûteux et polluant).
L'eau du robinet quant à elle, séjourne en général peu de temps dans le système
d'approvisionnement, surtout quand on sait à quel point nous sommes grands
consommateurs d'eau.
Eau fraîche comme dans: eau froide?
Par fraîcheur on signifie peut-être juste que c'est rafraîchissant de boire de l'eau
froide? On imagine que c'est pour cela qu'on voit si souvent des sommets enneigés
sur le logo des bouteilles: cela fait évoquer le froid, la fraîcheur,
et qui dit froid dit pureté, n'est-ce pas?