7. Recyclage et Consigne
Les opposants à l'eau en bouteille et les embouteilleurs sont d'accord sur un point:
si vous devez consommer de l'eau en bouteille, il
faut au moins s'assurer que le contenant soit mis au recyclage.
Mais en réalité, le taux de recyclage des bouteilles en plastique est faible.
Ce taux a même diminué ces dernières années, à cause de l'augmentation fulgurante
de la consommation d'eau en bouteille à l'extérieur de la maison. Les bouteilles
d'eau finissent donc en grande partie au dépotoir.
Pire encore, le recyclage du plastique n'est pas la solution miracle
qu'on veut bien nous faire croire.
La solution est-elle d'augmenter la quantité de contenants recyclés? Par quel moyen?
Ou alors de freiner l'augmentation fulgurante des contenants à usage unique?
Et la consigne dans tout cela? Au Québec, certains veulent l'abolir. Est-ce une bonne idée?
Réduction, Réutilisation, Recyclage |
Récupérer vs Jeter |
Usage du plastique recyclé |
La consigne |
Conclusion
Réduction, Réutilisation, Recyclage
Un premier rappel rapide s'impose avant de parler de recyclage des contenants: vous avez probablement déjà entendu
parler des '3R', soit la réduction, la réutilisation et le recyclage. L'ordre de ces termes n'est pas le fait
du hasard:
-
Réduction
La première solution pour réduire nos déchets, c'est la réduction à la source. Le meilleur contenant, c'est celui
que l'on ne produit pas. Les opposants à l'eau en bouteille estiment que c'est là qu'il faut agir en priorité, et
que donc il faut en réduire la consommation, qui a explosé depuis le milieu des années 90 (comment
on faisait pour ne pas mourir de soif avant?). Évidemment ce n'est pas la solution que l'industrie privilégie
de son côté...
-
Réutilisation
En deuxième lieu, si on doit produire un contenant, il vaut mieux qu'il puisse être réutilisé plusieurs fois.
Par exemple, la réutilisation des contenants est monnaie courante pour la bière au Canada (mais pas aux États-Unis),
et parce qu'elle a été rendue obligatoire, tout le système de collecte et de production fonctionne en conséquence.
Les bidons d'eau de source en format de 18 litres qu'on peut trouver en épicerie ou qui sont livrés dans les bureaux
sont également retournables et réutilisables: ils sont désinfectés et remplis jusqu'à une cinquantaine de fois.
Malheureusement, l'eau en bouteille se vend aujourd'hui presque uniquement dans des petits contenants à usage unique.
L'industrie a même commencé depuis quelques années à introduire des bidons de grande taille qui ne sont pas retournables
non plus.
-
Recyclage
En dernier lieu, il faut bien sûr minimalement recycler nos contenants plutôt que les jeter, pour éviter
de gaspiller des ressources non-renouvelables.
Notons au passage qu'il faut faire la distinction entre la récupération, qui consiste au
ramassage des matières recyclables, au moyen par exemple d'une collecte sélective,
et le recyclage, qui consiste à transformer ces matières
pour qu'elles soient réutilisées à nouveau. Ce n'est pas parce qu'un emballage est récupéré
qu'il sera nécessairement recyclé.
L'efficacité du recyclage comme solution pour l'eau en bouteille est le sujet de cette section de notre dossier.
-
Valorisation
La valorisation est un nouveau terme qui a récemment été ajouté aux 3R. On propose par exemple
de se servir des déchets et du plastique comme carburant pour produire de l'énergie. On entend parler
de méthodes comme la gazéification par laquelle les rebuts sont brûlés à une telle température qu'on évite d'avoir
des émissions toxiques. Au delà des doutes qu'on peut avoir sur l'efficacité de ces techniques,
il demeure qu'une fois qu'on a brûlé
une ressource non-renouvelable, elle n'existe plus. C'est donc la pire méthode qu'on puisse imaginer.
Mais cela est une autre histoire...
Récupérer vs Jeter
Faible taux de récupération
Au États-Unis
Aux États-Unis, on estime que sur 10 bouteilles vendues, entre 8 et 9 finissent au dépotoir.
Sur les 29 milliards de bouteilles vendues en 2007, c'est donc 22 milliards qui se sont
dirigées vers les dépotoirs, soit 20 millions par jour! Seulement 50% de la population chez nos voisins
du sud ont accès à la collecte sélective.
Au Canada
Au Canada, le taux de recyclage varie également selon l'implantation des services de collecte
sélective.
Au Québec, par exemple, le taux de recyclage des bouteilles d'eau atteindrait 57% à la maison,
selon Recyc-Québec (2005), un taux qui paraît honorable.
Dans les faits, il ne s'agit que du taux obtenu par la collecte sélective à la maison.
Recyc-Québec ne dispose pas de chiffres fiables pour les contenants utilisés hors foyer, mais on sait
que le taux de récupération y est beaucoup plus bas.
Certaines provinces canadiennes récupèrent les bouteilles d'eau en les incluant
dans leur mécanisme de consigne, auquel cas le taux de recyclage est plus élevé.
Au total, le taux de recyclage des bouteilles en plastique est variable, et moins
élevé que celui du verre et de l'aluminium. Il augmente au fil
des ans, certes, mais la quantité de contenants produite augmente beaucoup plus rapidement,
avec comme résultat que les dépotoirs en reçoivent toujours plus (voir figure 1).

Figure 1. Taux de recyclage vs quantité jetée (USA).
source:
mindfully.org, Container Recycling Institute (fév 2007)
Et ailleurs?
La consommation d'eau en bouteille dans les pays en voie de développement est en progression
très rapide (de 15% à 30% annuellement). On se doute bien cependant que l'accessibilité de la
collecte sélective et de la récupération y est encore moins fréquente qu'en Amérique du Nord.
Les dépotoirs débordent, les municipalités réagissent
On sait déjà que les dépotoirs débordent un peu partout, et qu'il est difficile voire impossible
pour les municipalités d'avoir accès à des nouveaux sites d'enfouissement. L'afflux de millions
de bouteilles en plastique (qui sont légères mais prennent du volume) ne fait donc qu'empirer
le problème.
Voilà donc un des facteurs qui font que ce sont les municipalités qui montent aux barricades
et tentent de faire prendre conscience du problème en bannissant la vente d'eau en
bouteilles dans leurs locaux.
Améliorer le taux de récupération?
L'industrie de l'embouteillage comprend bien que le faible taux de récupération des contenants
est un point négatif pour son image. Par des campagnes de promotion et des sites internet vantant les avantages
écologiques de leurs contenants, les embouteilleurs tentent de convaincre les consommateurs à recycler
plus. Sachant très bien que ses produits sont souvent consommés à l'extérieur de la maison, l'industrie
incite les gouvernements à étendre la collecte sélective hors foyer en signant des accords où elle
accepte même de mettre des fonds. (Par exemple, au Québec, voir le site du programme de '
La Table pour la récupération hors foyer').
Paradoxalement, la promotion du recyclage du plastique est un des facteurs qui à contribué
à augmenter son usage pour l'emballage dans les années 90, et à le rendre supposément
plus acceptable du point de vue environnemental. La perception du public veut que le recyclage augmente,
mais en fait les emballages deviennent toujours plus nombreux, variés et complexes,
rendant le recyclage plus compliqué et moins efficace.
L'effort pour récupérer tous ces contenants est sans cesse grandissant, et ce sont surtout les
citoyens, via leurs taxes, qui soutiennent cet effort.
Nous verrons plus bas que certaines juridictions comprennent que ce n'est qu'en donnant une valeur
aux déchets qu'on améliorera leur taux de récupération. C'est le but de la consigne, qui fonctionne
bien pour le verre et l'aluminium là où il est implanté.
Usage du plastique recyclé
On doit bien sûr augmenter le taux de matières qui sont détournées
de l'enfouissement. Cela ne veut pas dire que le recyclage est la solution
miracle pour autant, surtout pour le plastique.
Voyons ce qu'il advient de plastique récupéré.
Plastique = peu recyclable
Le verre et l'aluminium peuvent se recycler à l'infini, sans perdre leurs propriétés.
Le recyclage dans ces cas permet de sauver énormément d'énergie et d'émissions nocives
par rapport à la production de matériau vierge.
À l'opposé, le plastique est une molécule fragile dont la structure perd de son efficacité au fil des usages.
Une résine de plastique recyclée n'aura pas les mêmes propriétés qu'une résine vierge. Une bouteille
qui contient un trop grand pourcentage de résine recyclée sera fragile. En général, on se limitera
à 25% de matière recyclée pour une bouteille.
C'est d'ailleurs pourquoi on destine le plastique recyclé à la production d'autres types
de produits, tels les fibres synthétiques (polyester, polar), les tapis, les pots à fleurs.
Cependant ces produits sont souvent non-recyclables, ce qui signifie que le nombre de cycles
de recyclage du plastique est faible.

Ballots de bouteilles de plastique
récupérées (source: Wikipedia).
Tri difficile
Un autre facteur qui rend le recyclage du plastique difficile tient au fait que
les emballages de nos jours sont nombreux et de composition diverse.
Si le tri est mal effectué, le plastique de type P.E.T. peut être 'contaminé' par d'autres types de molécules.
La coloration pose également un problème: si l'on veut produire des bouteilles transparentes,
on ne peut pas inclure dans le lot des bouteilles de plastique coloré. Le plastique vert
(ex: Perrier), bleu (ex: Dasani) doit donc être trié séparément. Dans certains pays
on voit également apparaître des bouteilles en plastique ambré pour la bière, ce qui complique
encore un peu plus le tri.
L'industrie du recyclage, qui est aux prises depuis la fin de 2008 avec une chute drastique
de la valeur des ballots de matières récupérées, peine à trier les matériaux suffisamment
bien pour que les matières soient réutilisables par l'industrie. Pire, depuis le début 2009,
la demande s'est effondrée, et les centres de tris se voient obligés d'accumuler dans leurs
entrepôts les ballots qui ne trouvent pas preneur. Les centres de tris, qui souvent comptaient
sur la seule valeur du produit recyclé pour obtenir des revenus, risquent de fermer leur portes.
Destination: Asie
Un autre aspect qui rend la récupération moins attrayante du point de vue de l'environnement,
c'est que le plastique récupéré est (ou était) en grande partie
envoyé en Asie pour être recyclé.
D'abord la main-d'oeuvre y étant moins chère, il est moins coûteux d'y effectuer le tri final.
Puis la demande asiatique pour la résine est (était) si forte que les tarifs offerts
localement ne sont pas compétitifs.
Par exemple, en 2005, la Chine
a acheté 40% des bouteilles recyclées. Ceux qui veulent inclure
de la résine recyclée à leurs bouteilles doivent alors lutter pour en trouver
à l'étranger. Le recycleur Zordan aux États-Unis a ainsi dû
en importer 300 millions de tonnes
en 2005 en provenance de tout le continent.
Tout ce transport de matières d'un bout à l'autre de la planète n'est pas du genre à améliorer
le bilan énergétique des contenants de plastique, même s'ils contiennent des matières recyclées.
Une question de rentabilité
Ultimement, ce n'est pas pour les beaux yeux des consommateurs que les emballages contiendront
une part de matières recyclées, mais parce que cela est avantageux du point de vue économique
(ou du point de vue marketing, ce qui est à peu près la même chose).
Jusqu'à récemment, la résine vierge était plus abordable que la résine recyclée, mais
avec la poussée des prix du pétrole et du gaz naturel, la fabrication des contenants en P.E.T.
est devenue beaucoup plus chère. C'est en grande partie ce qui a incité les embouteilleurs
à réduire le poids de ses contenants de 25% à 30% et à regarder plus sérieusement la possibilité
d'inclure plus de plastique recyclé dans les contenants à l'avenir.
Il faudra surveiller la situation dans les années à venir. Depuis la chute
des cours du pétrole dans la 2ème moitié de 2008
(ce qui a entraîné la chute de la valeur
des matières recyclées), le tout couplé à la crise financière,
bien des bonnes résolutions risquent d'être mises sur la glace.
Pour en savoir plus:
La consigne
Les environnementalistes pensent que la seule façon d'augmenter de façon importante les taux de recyclage
des bouteilles d'eau est d'étendre la consigne à ces contenants, comme c'est déjà le cas
pour les contenants de boissons gazeuses. Les provinces et états qui incluent déjà
ces contenants dans leur loi obtiennent des taux supérieurs à 70%.
Lors de l'achat, le consommateur doit
verser une consigne qui lui est remise lorsque le contenant est retourné.
La consigne permet donc de donner une valeur au contenant post-consommation, ce qui
donne un incitatif pour le retourner. Selon les provinces et les états, le point
de retour peu être les commerces ou des points de dépôt distincts.
Brève historique de la consigne
L'implantation de la consigne dans certains états dans les années 1970
avait pour but de protéger l'environnement contre les détritus, suite à la croissance
importante des contenants à remplissage unique pour les boissons gazeuses et la bière.
L'état du Vermont avait interdit en 1953 l'usage de bouteilles de bières non-réutilisables.
Mais c'est en 1970 que la Colombie-Britannique fut la première à implanter un
système de consigne (appelé 'Bottle bills' en anglais), suivi en 1971 par l'Oregon.
Présentement, aux États-unis, 11 états seulement ont un tel système, alors qu'au
Canada toutes les provinces ont implanté une forme de consigne, dont les objectifs
varient d'une province à l'autre (voir encadré à droite).
À l'époque, l'eau en bouteille n'était pas sur les écrans radar.
C'est pourquoi les premières administrations à avoir implanté la consigne
souvent aussi souvent celles qui n'incluent pas les bouteilles d'eau et les autres
boissons parmi les contenants consignés.
Les contenants non-consignés dans la nature
Partout on rapporte de meilleurs taux de récupération pour les contenants
consignés par rapport à ceux qui ne le sont pas. Les contenants non consignés
comme les bouteilles d'eau n'ont aucune valeur monétaire pour le consommateur,
ce qui fait qu'il sont plus souvent simplement jetés.
C'est aussi ce qui fait que l'on retrouve plus de contenants non-consignés
dans la nature, dans les parcs, le long des autoroutes, etc...
Ceci se confirme notamment lors des corvées de nettoyage de parcs ou de rivières.
On comprend facilement pourquoi les programmes de consigne sont plus efficaces pour
éliminer les déchets qui jonchent la nature:
si le consommateur décide de jeter son contenant plutôt que le rapporter, il y aura
toujours quelqu'un d'autre pour le ramasser en vue de faire quelques sous.
Sachant que d'ici quelques années les breuvages non-consignés comme l'eau en bouteille
vont ravir aux boissons gazeuses la première place au niveau des ventes,
il y a lieu de s'inquiéter.
Valeur de la consigne et inflation
Un autre facteur qui influence les taux de retour est la valeur monétaire de la consigne.
Tout d'abord, plus le montant de la consigne est élevé, plus le taux de retour est élevé.
Cela semble assez logique, mais on peut consulter
l'étude suivante qui
établit cette corrélation en comparant les divers programmes au Canada et aux États-Unis.
Malheureusement, les montants n'ont pas été votés pour suivre l'inflation.
La valeur réelle de la consigne diminue donc avec le temps, ainsi que le taux de retour.
La figure 2 présente la variation du taux de retour des bouteilles consignées de 1971 à 2005
aux États-unis, en fonction de la variation de l'indice des prix à la consommation.
Remarquez que le Michigan, qui impose une consigne de 10¢ plutôt que 5¢ obtient
de meilleurs taux de retour.
On constate malheureusement le même phénomène partout, notamment au Québec, où le taux
de récupération des contenants consignés est passé de 76% en 2004 à 68% en 2008.
Ce sont les cannettes en aluminium qui semblent
échapper de plus en plus à la consigne.
La valeur monétaire de la consigne (5¢) semble y être pour beaucoup, puisque le taux
de retour des contenants consignés à 10¢ et 20¢ reste stable.

Figure 2. Taux de retour vs valeur de la consigne (USA).
source:
bottlebill.org, Container Recycling Institute (2007)
Mise à jour des programmes de consigne
Aux États-Unis, plusieurs états tentent de réviser leur loi sur la consignation (bottle bills).
Ce sont soit des politiciens ou alors des organismes qui militent généralement pour
faire augmenter le montant de la consigne ou plus souvent pour étendre la consigne à tous
les contenants tels l'eau en bouteille.
C'était le cas
par exemple en 2008 pour l'état de New-York où
le gouverneur Spitzer a tenté de faire amender la loi, malheureusement
sans succès.
L'état d'Oregon a eu plus de succès et a réussi à
étendre son système de consigne à l'eau en bouteille
à la fin 2008.
Pressions anti-consigne
Les tentatives pour étendre ces lois échouent habituellement suite aux pressions insistantes
des lobbies de l'industrie des boissons et celui des commerçants.
L'industrie refuse d'avoir à s'occuper de ses emballages et préfère faire la promotion des programmes
de récupération, quitte à y investir de l'argent. Quant aux commerçants, ils
estiment que ce n'est pas à eux de fournir des locaux et du personnel pour faire
la gestion de ces contenants (même si les programmes financent ces frais).
Un autre argument des opposants à la consigne tient au fait que la collecte
sélective n'était pas implantée lorsque les systèmes de consigne ont été mis
sur pied. Selon eux, l'accent devrait être mis sur la récupération
et la consigne devrait être abolie.
Consigne au Canada
Au Canada, les contenants consignés varient d'une province à l'autre. Six provinces
ont élargi leur consigne à tous les contenants de boissons (incluant l'eau en bouteille),
à l'exception du lait et de ses produits dérivés. Dans certains cas, le consommateur se
fait rembourser la moitié de la consigne pour les contenants à remplissage unique (CRU)
alors qu'il en reçoit l'intégralité pour les contenants à remplissage multiple (CRM).
L'Ile-du-Prince-Édouard va plus loin pour encourager les contenants à remplissage multiple
en ayant carrément interdit les CRU, seuls les CRM sont permis. L'Ontario est la seule
administration qui se fie entièrement sur les programmes de récupération. Son programme
de consigne, implanté en 2005, couvre uniquement les bouteilles bière et d'alcool.
Consigne au Québec
Au Québec, le système de consigne est basé sur le type de contenu plutôt que sur le type
de contenant, ce qui fait que des breuvages vendus dans des bouteilles similaires
(boissons gazeuses) vont être consignés et d'autre pas (eau, jus). Comme partout
ailleurs, les ventes des
breuvages non-consignés comme l'eau en bouteille augmentent, alors que celles des boissons gazeuses
diminuent, faisant entrevoir une détérioration du taux de contenants
retournés, en plus de la décroissance observée (voir plus haut) due à la faible valeur monétaire de la consigne.
La toute
récente étude de Recyc-Québec sur les contenants de boissons au Québec
fait état de taux de récupération, via la consigne, de 71% pour les contenants de boissons
gazeuses, alors que par ailleurs on estime le taux de recyclage des autres bouteilles
à moins de 20%.
(Mise à jour - février 2009: le taux pour les boissons gazeuses serait maintenant
de 68%, alors qu'il atteignait 76% en 2004)
Malheureusement, au lieu de viser à étendre la consigne qui s'avère extrêmement efficace,
au Québec on semble vouloir aller dans la direction inverse:
"En 2008, la commission des transports et de l'environnement de l'Assemblée nationale a déposé son rapport
sur la gestion des matières résiduelles. Il contient 43 recommandations.
L'une porte sur l'abolition à long terme de la consigne sur les cannettes et les bouteilles
de plastique à usage unique. La commission privilégie la collecte sélective de ces contenants,
à condition que les édifices publics, comme les bars ou les arénas, soient dotés de boîtes de récupération."
Pour en savoir plus:
Conclusion
Comme on le voit, les décisions qui sont prises au niveau gouvernemental peuvent faire une différence.
La consigne représente un bon moyen pour récupérer le maximum de contenants, et représente le meilleur
incitatif car il donne une valeur monétaire aux contenants utilisés.
L'industrie, lorsque laissée sans contraintes, mise massivement sur le plastique et sur les contenants jetables.
Elle rejette d'emblée la consigne, pourtant la solution la plus efficace pour diminuer les déchets,
parce que cela l'oblige à payer pour le fardeau des contenants qu'elle produit par milliards.
Les consommateurs, peu intéressés, pensent bêtement que la récupération est la solution miracle pour
contrer l'augmentation des déchets et la disparition de nos ressources non-renouvelables. Pourtant
un jour ou l'autre c'est bien le consommateur qui devra payer la note.